Il est 15 h 48, lundi, lorsqu’une Renault Megane double un fourgon de l’escadron de gendarmerie de Chaumont (Haute-Marne) et le percute par la droite aux bas de l’avenue des Champs-Elysées. D’après plusieurs témoins, cela ressemblait au départ à une manœuvre de dépassement très audacieuse. Mais lorsque les gendarmes s’approchent du véhicule accidenté, la scène bascule dans une autre dimension. Eric Favereau, journaliste à Libération, y assiste de visu : «Là, je vois une implosion dans l’habitacle de la voiture à l’arrêt, avec un jet de flamme qui sort. Les gendarmes se précipitent dans leur camion pour prendre des outils et cassent les vitres de la voiture. Un motard les aide. Ils arrivent à ouvrir la voiture, qui est toujours en feu. Ils sortent un homme et le tirent jusqu’au sol pendant que d’autres utilisent des extincteurs.» Une épaisse fumée orangée se dégage alors au-dessus de la célèbre avenue parisienne.
Gaz.
En fouillant la Mégane, les gendarmes comprennent qu’ils viennent d’essuyer ce que le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, qualifiera de «tentative d’attentat». Ils découvrent deux bonbonnes de gaz, deux armes de poing, deux kalachnikov et des cartouches. La section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie des investigations, et a confié l’enquête de flagrance à la brigade criminelle du 36, quai des Orfèvres (SAT) et à la DGSI.
D’après les premiers éléments, le conducteur du véhicule aurait foncé délibérément sur le fourgon des militaires. Selon notre journaliste présent sur les Champs-Elysées, «ce n’est que dans un deuxième temps, au moment où les gendarmes s’approchaient de la vitre avant du véhicule suspect, que l’implosion s’est produite.» «J’ai vraiment été impressionné par le calme des fonctionnaires, poursuit Eric Favereau. Ils ont d’abord secouru le conducteur, ont éteint l’incendie, puis ont sécurisé le périmètre. C’était vraiment impressionnant. Il n’y a pas eu de mouvement de panique.»
Malgré l’arrivée rapide des secours, le suspect est décédé des suites de ses blessures. Une carte d’identité a été retrouvée dans la Megane. Sous réserve qu’elle soit authentique, elle révèle qu’Adam D. est né en 1985 à Argenteuil (Val-d’Oise). Connu de la DGSI, il était fiché S (pour Sûreté de l’Etat). Dans la soirée de lundi, la police analysait les substances retrouvées dans la Megane et la Brigade de recherche et d’intervention effectuait une opération au domicile des parents du suspect au Plessis-Pâté (Essonne).
Projet de loi.
Le 20 avril, les Champs-Elysées avaient déjà été le théâtre d’un attentat contre les forces de sécurité. Karim Cheurfi, 39 ans, avait mitraillé des policiers en faction devant l’office de tourisme de Turquie. Un des fonctionnaires visés, Xavier Jugelé, est décédé. Un message manuscrit défendant la cause de l’Etat islamique avait été retrouvé sur un papier près du corps de Cheurfi.
Lors d’une courte allocution sur les Champs-Elysées, le ministre de l’Intérieur a rappelé «le niveau de menace extrêmement élevé» pesant sur la France. Mercredi, Gérard Collomb présentera au Conseil des ministres un projet de loi introduisant les dispositions de l’état d’urgence dans le droit commun.



Un islamiste tente de faire exploser sa voiture sur les Champs-Élysées
Par 3 auteurs Mis à jour le 19/06/2017 à 21:49 Publié le 19/06/2017 à 20:40

La police criminelle inspecte les lieux de l'attentat, lundi sur les Champs-Élysées, et recouvre le corps de l'assaillant.

VIDÉO - L'individu a percuté un fourgon de gendarmes. Des bonbonnes de gaz et des dispositifs de mise à feu ont été découverts.
Pour la seconde fois en moins de deux mois, les Champs-Élysées ont été le théâtre d'une attaque terroriste. Cette fois, le stratagème de la voiture piégée semble avoir été privilégié, mais l'attentat a tourné court. Un miracle au regard de l'arsenal guerrier que transportait l'assaillant.

Lundi vers 15 h 40, à deux pas du square Marigny, un automobiliste a lancé sa voiture, une Renault Megane, sur un fourgon Iris, qui, transportant entre huit et dix hommes de la gendarmerie mobile, descendait les Champs-Élysées. La voiture s'est enflammée lors de la collision, sans faire de blessé parmi les militaires. Le conducteur, porteur de deux armes, a été extrait de l'habitacle calciné. Il a trouvé la mort dans des circonstances qui restent à déterminer. Son corps à moitié dénudé était à même le sol. Un fusil d'assaut de type kalachnikov ainsi qu'un pistolet automatique autrichien, modèle Glock 26, ont été retrouvés à ses côtés. Selon une source policière, le terroriste présumé, Djaziri Adam L., âgé de 31 ans et né en France, était fiché S depuis septembre 1995, en raison de son appartenance à la «mouvance islamiste radicale», et avait fait une demande de port d'arme. Son père, interrogé par l'AFP, précise qu'il «avait une arme qui était déclarée, il s'entraînait au tir». Il bénéficiait d'un permis de détention d'arme, selon une source proche du dossier. Il était assigné à résidence dans le cadre de l'Etat d'urgence et s'était déjà rendu en Turquie. Des perquisitions étaient en cours lundi en début de soirée à son domicile du Plessis-Pâté, dans l'Essonne. Selon une source proche du dossier citée par l'AFP, la famille de l'individu était également connue pour faire partie de la mouvance «salafiste».

Les artificiers du laboratoire central de la Préfecture de police ont découvert deux bonbonnes de gaz ainsi que deux dispositifs de mise à feu dans la Megane. La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête, confiée à la section antiterroriste de la brigade criminelle et à la Direction générale de la sécurité intérieure. Aucune référence au djihad n'a été retrouvée sur les lieux de l'attaque.

Cette «tentative d'attentat», pour reprendre les propos tenus sur les lieux par le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, est d'autant plus symbolique qu'elle intervient aux abords de la «plus belle avenue du monde», très sécurisée et aimée des touristes.

Après un bref instant de panique, ces derniers, bloqués dans leur promenade, étaient au demeurant étrangement calmes lundi, guère étonnés des gendarmes et militaires, casqués et avec des armes automatiques. Un passant renseignait des Espagnols de passage : «Quelqu'un a foncé sur des policiers ou des gendarmes ?» «Encore ?» lâchait un touriste sur un ton à peine surpris. Comme si les esprits étaient déjà habitués à de pareils actes. Le ministre de l'Intérieur a souligné quant à lui que ces faits rappelaient que «le niveau de la menace en France est extrêmement élevé».

L'attaque de lundi survient en effet après une série d'attentats visant notamment les forces de l'ordre. Les faits sont survenus à quelques centaines de mètres du lieu de l'assassinat, revendiqué par Daech, dont a été victime le capitaine Xavier Jugelé, le 20 avril dernier.

Des fonctionnaires de police sont visés

Plus récemment, le 6 juin, une attaque terroriste, perpétrée au nom de l'État islamique, a été commise devant la cathédrale Notre-Dame de Paris. Ce jour-là, un étudiant algérien âgé d'une quarantaine d'années s'était dirigé vers trois fonctionnaires de la Préfecture de police. Brandissant un marteau, il avait attaqué l'un d'eux par-derrière, en criant: «C'est pour la Syrie!» Un policier âgé de 22 ans avait été légèrement touché au cou. Blessé par des tirs de riposte, l'assaillant a été arrêté et mis en examen.

Déjà, le 18 mars dernier, un Français d'origine tunisienne de 39 ans avait dû être abattu alors qu'il tentait de s'emparer du fusil d'une militaire de «Sentinelle» à l'aéroport d'Orly. Connu pour des faits de droit commun, il s'était radicalisé en prison.

Depuis les assassinats de Mohamed Merah, en mars 2012, les forces de sécurité paient un lourd tribut à la lutte antiterroriste. Elles n'ont pas oublié le meurtre barbare de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider, couple de policiers tué au couteau le 13 juin 2016 à leur domicile de Magnanville (Yvelines). Ou les attentats qui ont coûté, le 7 janvier 2015, la vie à Ahmed Merabet, un policier affecté au commissariat du XIe arrondissement de Paris et achevé au sol par les frères Kouachi, ainsi qu'à Franck Brinsolaro, brigadier chargé de la protection du dessinateur Charb et tué lors de l'attaque de Charlie Hebdo.

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Un "stock d'armes" a été saisi au domicile de l'assaillant de 31 ans mort hier dans un attentat manqué sur les Champs-Elysées, a-t-on appris de source proche du dossier, confirmant une information de BFMTV.
Adam Djaziri, fiché S depuis 2015 pour son appartenance à la mouvance islamiste radicale, détenait neuf armes connues des autorités, dont trois soumises à autorisation - des pistolets Sig-Sauer 9mm et Glock 9mm ainsi qu'un fusil de type kalachnikov, a confirmé cette source.

Champs-Elysées : des gendarmes attaqués, Collomb dénonce une « tentative d’attentat »

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